La santé mentale : grande cause nationale de 2025

Après une année concentrée sur la santé sportive, la santé mentale est au cœur de l'attention nationale en 2025. Notre journaliste vous présente, ici, l'importance de libérer sa parole sans aucun tabou en plus de se libérer de ses idées reçues sur la santé mentale.

Presse BDE SciencePo-Droit
4 min ⋅ 29/11/2025

Après une année 2024 consacrée à l’activité physique et sportive, 2025 met la santé mentale au cœur de ses priorités. Ce domaine encore largement méconnu est confronté à une forte stigmatisation et de nombreux tabous. Cette nouvelle campagne vise à libérer la parole, combattre les discriminations subies par les personnes atteintes de troubles de la santé mentale et renforcer la prévention ainsi que l’accès aux soins.

Une année d’action et de sensibilisation portée par Teddy Riner

Le 11 octobre 2024, le gouvernement a présenté quatre objectifs prioritaires pour promouvoir la santé mentale sur l’ensemble du territoire :

  • La déstigmatisation pour changer le regard des Français sur les troubles de la santé mentale.

  • Le développement de la prévention et du repérage précoce par la sensibilisation à la cause dans toutes les sphères de la société.

  • Améliorer l’accès aux soins sur tout le territoire.

  • Accompagner les personnes concernées et proposer un suivi global.

La santé mentale ne concerne pas une minorité mais absolument tout le monde, sans distinction de milieu social, de professions ou d’âge. La prévention est l’affaire de tous.

Une cause massive en France

Chaque année, la France compte près de 13 millions de personnes touchées par un trouble psychique. Les Français comptent parmi les plus gros consommateurs de psychotropes au monde : une personne sur quatre consomme des antidépresseurs, somnifères ou autres médicaments psychotropes. Ces chiffres ont explosé après la Covid-19 : entre anxiété liée à la maladie, isolement, confinements et rupture des liens sociaux. Mais, de nombreuses pénuries de médicaments massivement prescrits comme la quetiapine inquiète les psychiatres : l’arrêt brutal de traitements pourrait entraîner de graves conséquences sur les patients. En effet, de nombreux laboratoires abandonnent la fabrication de médicaments anciens : des logiques industrielles visant une rentabilité accrue.

Qu’est-ce que la santé mentale ?

Selon l’OMS, la santé mentale est « un état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté. » C’est une composante absolument indispensable de la santé des personnes.

La santé mentale « positive » regroupe l’épanouissement personnel, les capacités d’agir d’un individu dans ses rôles sociaux et le bien-être. C’est un état qui rend possible à l’individu de s’épanouir et de profiter des opportunités que la vie peut offrir. Elle permet aussi à chacun d’entre nous de contribuer pleinement à une vie collective, de surmonter les aléas de la vie. Les périodes temporaires de stress, de tristesse ou de baisse de moral peuvent perturber cet équilibre sans être alarmantes : en général, ces périodes n’altèrent pas durablement les états psychologiques. En revanche, une « détresse psychologique réactionnelle » peut survenir après un traumatisme ou un événement de vie difficile, comme un deuil ou un échec.

Il faut nuancer : cette détresse n’est pas automatiquement un trouble mental, il s’agit justement d’accompagner la personne concernée pour éviter l’aggravation. Les « troubles psychiatriques » sont plus ou moins sévères. Ils peuvent être ponctuels ou chroniques. Ils nécessitent une prise en charge médicale adaptée. Pour l’OMS, ils désignent : « un ensemble des troubles mentaux et de troubles du comportement répertoriés dans la classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes ».

Les étudiants : une situation alarmante

Plus de 23% des Français ont l’impression de ne pas prendre soin de leur santé mentale, 36% sont des femmes et 38% sont des étudiants. Ces chiffres appellent à la nuance : ce ne sont pas des déclarations médicales. Les résultats concernant la santé mentale des étudiants sont alarmants : moins d’un étudiant sur deux se considère en bonne santé mentale et 3 étudiants sur 5 présentent une suspicion de détresse psychologique. Le stress permanent, le manque de sommeil, les violences, la surcharge de travail, l’anxiété et bien d’autres facteurs encore sont des difficultés cumulées par les étudiants. Certains envisagent même d’arrêter leurs études, en raison de ce mal-être. La première année d’étude est particulièrement délicate, les étudiants n’ont pas le temps de s’adapter correctement. À cela s’ajoutent l’inflation actuelle et la précarité étudiante. Les écarts sont aussi marqués selon les filières et le genre. Les femmes rapportent plus fréquemment des symptômes d’anxiété et de fatigue mentale.

Un tabou qui persiste

70% des Français adhèrent encore à un stéréotype sur les personnes atteintes de troubles de santé mentale. La peur d’être jugé enferme les personnes concernées dans le silence et l’isolement. Parler de sa santé mentale reste encore trop souvent un acte perçu comme un aveu de faiblesse.

Bilan 2025 : une parole plus libre, mais un long chemin à parcourir

Aujourd’hui, de nombreux artistes, influenceurs et sportifs partagent publiquement leurs difficultés. Cela a permis à des milliers de personnes de se sentir moins seules. La campagne « Parlons santé mentale ! » a marqué les esprits avec un vaste plan d’action : témoignages, ressources pédagogiques, dialogues dans les écoles et dans les entreprises, interventions et actions sur le terrain menées par des associations et des collectivités.

Des avancées économiques et institutionnelles

Cette année, des mesures ont été engagées pour renforcer le financement. Par exemple, le budget consacré à la psychiatrie et aux Centres médicaux-psychologiques a été augmenté ou encore le dispositif « MonPsy » a été poursuivi avec une meilleure prise en charge financière des séances. Des mesures ont aussi permis l’amélioration de l’accès aux soins comme la création de plateformes d’information grand public pour orienter plus rapidement vers le bon interlocuteur ou la réduction des délais de rendez-vous dans certains territoires. On observe une évolution concrète des mentalités avec une meilleure acceptation sociale de suivi de séances de thérapie ou d’accompagnement psychologique ou encore une meilleure sensibilisation dans les entreprises. Dans l’espace public, le discours s’est décomplexé. Finalement, bien que des efforts ont été faits, notamment sur la sensibilisation, les moyens économiques demeurent faibles.

Briser le silence : une nécessité absolue

Environ 23 % des 18-24 ans ont des pensées suicidaires. Prendre soin de sa santé mentale, c’est s’écouter, maintenir une hygiène de vie, identifier les changements inhabituels... mais surtout ne jamais rester seul face à la souffrance.

Pour avancer collectivement, il faut parler et briser les tabous !

Presse BDE SciencePo-Droit

Par Pôle Presse Lyon 2

À propos de l’auteur de Presse BDE SciencePo-Droit …

Étudiants en licences de droit et science politique, Nina Ravasseau et Rami Ghozlane ont joint leurs efforts pour superviser et encadrer la création et le développement de ce journal. Cependant, celui-ci n’aurait jamais pu prendre vie sans la participation de son pôle communication composé de Clélia Salez et Ines Benachour. De plus, le travail des journalistes est le cœur qui continue de faire vivre l’association au sein de l’université.

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